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Rapport Thiriez : l’UNSA retient l’idée d’améliorer le fonctionnement de la haute fonction publique

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mercredi 19 février 2020

Le Rapport de la Mission Thiriez a été rendu au Premier Ministre le 18 février. Avec ses 42 propositions, il aborde de nombreux aspects de la carrière des hauts fonctionnaires , bien au-delà de la seule question de l’ENA (Ecole Nationale d’Administration). L’UNSA sera très attentive à la suite que le gouvernement lui donnera car elle estime que ce sujet concerne l’avenir de la fonction publique en France.

L’UNSA se réjouit de voir enfin, après des décen­nies de désin­té­rêt, l’Etat renouer avec une ambi­tion et une réflexion stra­té­gi­que en matière de ges­tion de son enca­dre­ment supé­rieur et diri­geant.

Elle regrette que ces tra­vaux n’aient pas pré­cédé l’élaboration de la loi de trans­for­ma­tion de la fonc­tion publi­que qui intro­duit des méca­nis­mes qui por­tent atteinte à la cohé­rence des car­riè­res des hauts fonc­tion­nai­res.

Elle encou­rage l’État à s’enga­ger réso­lu­ment dans un réin­ves­tis­se­ment sur sa haute fonc­tion publi­que de car­rière et non de se conten­ter de recru­te­ments oppor­tu­nis­tes « sur étagère » qui le pri­ve­raient de la maî­trise de son cadre stra­té­gi­que.

La haute fonc­tion publi­que est garante de l’effec­ti­vité des déci­sions poli­ti­ques dans nos ins­ti­tu­tions démo­cra­ti­que, mais aussi de la conti­nuité de l’Etat et du cadre répu­bli­cain ainsi que du cadre de tra­vail de plus de cinq mil­lions d’agents publics.

La mis­sion Thiriez a veillé à élaborer ses pro­po­si­tions à partir d’une large concer­ta­tion et dans un souci d’écoute res­pec­tueux du dia­lo­gue social, illus­trant ainsi les apti­tu­des qu’elle appelle de ses vœux pour les futurs hauts fonc­tion­nai­res : une culture de la négo­cia­tion et du com­pro­mis dans un envi­ron­ne­ment com­plexe. Attachée au dia­lo­gue et convain­cue de la néces­sité d’écarter l’uni­la­té­ra­lisme des solu­tions sim­plis­tes l’UNSA ne peut que sous­crire à cette orien­ta­tion. Elle sou­haite pou­voir contri­buer aux dis­cus­sions et arbi­tra­ges qui sui­vront le rap­port.

Elle insiste néan­moins, comme les rap­por­teurs, sur la néces­sité de pren­dre en compte une masse suf­fi­sante de pro­po­si­tions pour ne pas déna­tu­rer la cohé­rence de la nou­velle archi­tec­ture à poser qui traite du recru­te­ment, de la for­ma­tion ini­tiale et conti­nue mais aussi de l’attrac­ti­vité des car­riè­res des hauts fonc­tion­nai­res qui exige des mesu­res cou­ra­geu­ses de valo­ri­sa­tion de cer­tains corps comme les admi­nis­tra­teurs civils et un meilleur pilo­tage des car­riè­res indi­vi­duel­les par la direc­tion géné­rale de la fonc­tion publi­que.

L’aban­don du clas­se­ment de sortie de l’ENA, la reconnais­sance légis­la­tive d’une caté­go­rie A+, l’affir­ma­tion du concours et des col­lé­gia­li­tés pro­fes­sion­nel­les sont pour elle par­ti­cu­liè­re­ment néces­sai­res pour garan­tir une haute fonc­tion publi­que impar­tiale et com­pé­tente, avec des car­riè­res et des for­ma­tions diver­si­fiées tout au long de la vie.

Elle sous­crit également au déve­lop­pe­ment des clas­ses pré­pa­ra­toi­res inté­grées pour que l’Etat puisse offrir une chance réelle à tous ceux qui veu­lent le servir loya­le­ment en dépit des iné­ga­li­tés socia­les et ter­ri­to­ria­les qui se main­tien­nent dans la société fran­çaise.

Elle consi­dère qu’il y a lieu de favo­ri­ser la cir­cu­la­tion et l’inter­com­pré­hen­sion entre les dif­fé­rents ver­sants de la Fonction publi­que et, plus lar­ge­ment, entre les dis­ci­pli­nes, les appro­ches et les poli­ti­ques publi­ques, ce à quoi s’atta­chent les rap­por­teurs. Il convient également de favo­ri­ser le rayon­ne­ment de la haute fonc­tion publi­que fran­çaise dans les encein­tes et orga­ni­sa­tions inter­na­tio­na­les et lui per­met­tre d’appor­ter ses com­pé­ten­ces au-delà de la stricte sphère publi­que.

Les rap­por­teurs mon­trent par plu­sieurs exem­ples com­bien des déci­sions bud­gé­tai­res court-ter­mis­tes et déconnec­tées des enjeux de res­sour­ces humai­nes, de mana­ge­ment, voire de stra­té­gie ont fra­gi­lisé dan­ge­reu­se­ment le fonc­tion­ne­ment dura­ble de l’Etat. Une gou­ver­nance nou­velle des ques­tions de haute fonc­tion publi­que s’impose pour l’UNSA, à laquelle la loi de trans­for­ma­tion de la fonc­tion publi­que n’a pas répondu.

L’UNSA consi­dère que les pro­po­si­tions pré­sen­tées au Premier minis­tre par la mis­sion Thiriez vont lar­ge­ment dans le sens d’une amé­lio­ra­tion du fonc­tion­ne­ment de la Haute Fonction publi­que et, à tra­vers elle, de la bonne gou­ver­nance des admi­nis­tra­tions publi­ques.

Elle encou­rage le gou­ver­ne­ment à les pren­dre en compte et sera une force de pro­po­si­tion pour les amé­lio­rer dans les dis­cus­sions aux­quel­les elle sou­haite conti­nuer à par­ti­ci­per.


Voir en ligne : Le Rapport de la Mission Haute Fonction Publique