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Pas de retour à l’inégalité !

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dimanche 8 mars 2020

Déclaration de la FSESP, le 8 mars 2020

Vingt-cinq années se sont écoulées depuis la signature de la Déclaration de Beijing, à l’occasion de laquelle le monde a pris pleinement conscience que « les droits des femmes sont des droits fondamentaux de la personne ». Cette déclaration a vu l’élaboration d’un programme d’action complet pour promouvoir les droits des femmes et parvenir à la pleine égalité entre les sexes.

La FSESP dédie cette Journée inter­na­tio­nale des femmes à l’un des droits de la per­sonne et des femmes les plus fon­da­men­taux : le droit à la santé. Au cours des vingt-cinq der­niè­res années, des pro­grès ont été accom­plis en matière d’accès à la santé et aux ser­vi­ces, mais aucun droit ne peut être tenu pour acquis et la véri­ta­ble égalité demeure un objec­tif et non une réa­lité.
Au fil de ces années, les syn­di­cats ont com­battu aux côtés des femmes pour la pleine réa­li­sa­tion de leurs droits, nous avons mené des cam­pa­gnes en Irlande et au Royaume-Uni afin que les Irlandaises puis­sent avoir accès à des ser­vi­ces d’avor­te­ment sûrs et légaux, nous avons lutté contre les extré­mis­tes et les mou­ve­ments radi­caux en Espagne et empê­ché une modi­fi­ca­tion néga­tive de la loi.

Nous conti­nuons de nous battre contre la pri­va­ti­sa­tion et contre la logi­que du profit avant les peu­ples, qui reste pré­do­mi­nante et délaisse ceux qui sont le plus dans le besoin, ceux qui vivent dans des régions rura­les ou moins aisées, privés de leurs droits fon­da­men­taux. Nous sommes aujourd’hui confron­tés, en Italie et en France notam­ment, à une réelle dété­rio­ra­tion des droits des femmes décou­lant des coupes opé­rées dans les ser­vi­ces de santé consa­crés aux femmes. Dans de nom­breu­ses régions d’Europe, les cen­tres de plan­ning fami­lial et les ser­vi­ces de santé sexuelle et géné­si­que sont la cible de coupes bud­gé­tai­res, car le corps des femmes reste un véri­ta­ble champ de bataille poli­ti­que.

Nous défi­le­rons dans les rues diman­che, en sou­te­nant en paral­lèle des actions col­lec­ti­ves dans le cadre de la Grève mon­diale des femmes, afin de faire pro­gres­ser les reven­di­ca­tions spé­ci­fi­ques de ce mou­ve­ment, et nous scan­de­rons « nos corps, nos choix », car toute per­sonne s’iden­ti­fiant comme une femme a le droit d’exer­cer un contrôle total sur son corps.

La santé des femmes est en outre mena­cée à chaque fois que, dans des poli­ti­ques, des indi­ca­teurs, la pla­ni­fi­ca­tion et les déci­sions se basent sur le « mas­cu­lin neutre », au lieu de pren­dre en consi­dé­ra­tion les ques­tions de genre et de tenir compte de la santé sexos­pé­ci­fi­que. Cela veut dire également que tous les tra­vailleurs devraient dis­po­ser d’une pro­tec­tion totale contre les can­cers évitables causés par l’expo­si­tion à des pro­duits chi­mi­ques au tra­vail. Dans le cadre de la révi­sion à venir de la direc­tive sur les agents can­cé­ri­gè­nes et muta­gè­nes, nous ferons enten­dre notre voix pour veiller à ce que ce soit le cas.

Ce diman­che, vingt-cinq ans après la signa­ture de la Déclaration de Beijing, nous mar­che­rons contre la dis­cri­mi­na­tion, pour les droits des femmes et pour de meilleurs ser­vi­ces publics, car il n’y a qu’une voie à emprun­ter pour avan­cer : celle vers une égalité totale !