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DDI : l’enfer est pavé de bonnes intentions

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lundi 5 octobre 2020

Au lendemain des annonces concernant l’organisation territoriale de l’État (OTE), le comité technique des DDI « nouvelle formule » s’est tenu sous les auspices du ministère de l’Intérieur. Changement de pilotage et d’animation du réseau des DDI dans un contexte à double enjeu : la crise sanitaire et les réorganisations.

Pour l’UNSA, pas d’a priori. Quel que soit le pilote dans l’avion, l’essentiel reste le respect des droits des agents, l’amélioration de l’organisation et des conditions de travail et l’anticipation des changements. Trois objectifs qui devront être au cœur du dialogue social.

Réforme de l’orga­ni­sa­tion ter­ri­to­riale de l’État

On connaît main­te­nant tous les arbi­tra­ges du Premier minis­tre pour les ser­vi­ces déconcen­trés de l’État :

  • Le 1er janvier 2021 seront créés les SGC [1] en métropole et outre-mer.
  • À la même date l’Éducation Nationale abritera les nouvelles DRAJES et DRARI [2].
  • Les futures DREETS et DDETS [3] verront quant à elles le jour le 1er avril (mais une partie des emplois consacrés aux fonctions support rejoindront les SGC dès le 1er janvier).

Pour les DDI, c’est donc la pour­suite des réor­ga­ni­sa­tions sur tous les fronts : mutua­li­sa­tion aug­men­tée des fonc­tions sup­ports et fusion des réseaux DDCS/PP avec les UD DIRECCTE.
Ces pro­fon­des réfor­mes res­tent condui­tes dans un calen­drier contraint, pour partie peu com­pa­ti­ble avec l’évaluation des consé­quen­ces sur le por­tage des poli­ti­ques publi­ques ni avec une com­plète prise en compte de la situa­tion des agents impac­tés.

L’UNSA a déjà alerté à main­tes repri­ses sur les ris­ques qui pèsent sur ces der­niers en termes de GRH, notam­ment sur les volets accom­pa­gne­ment. N’en veu­lent pour preuve que les publi­ca­tions (très) tar­di­ves des arrê­tés de restruc­tu­ra­tion pour­tant négo­ciés dès l’automne 2019, qui se font encore atten­dre.
Un groupe de suivi s’impose.

Un contexte COVID préoc­cu­pant

Malheureusement, chacun le mesure à la lumière de la pro­gres­sion de l’épidémie de COVID 19, le contexte de crise sani­taire vient à nou­veau per­cu­ter les struc­tu­res et col­lec­tifs de tra­vail. À nou­veau toutes les mesu­res devront être prises dans les DDI pour enrayer cette pan­dé­mie et pro­té­ger la santé des agents, dans le cadre des plans de conti­nuité de l’acti­vité.
Une ins­truc­tion COVID com­plé­men­taire à celle du 6 mai sera adres­sée très pro­chai­ne­ment aux DDI.
L’UNSA l’appe­lait de ses vœux car trop d’ater­moie­ments sub­sis­tent dans les ser­vi­ces, que ce soit concer­nant les cas contacts ou les per­son­nes vul­né­ra­bles, sans parler du télé­tra­vail déployé selon une géo­mé­trie varia­ble.
Cette ins­truc­tion résulte de la cir­cu­laire du Premier minis­tre du 1er sep­tem­bre et des échanges qui ont pu avoir lieu avec les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les. Dommage, sa rédac­tion a quant à elle fait l’objet d’une concer­ta­tion a minima.

L’UNSA insiste pour qu’en fonc­tion du clas­se­ment des zones d’alerte COVID, les répon­ses soient réel­le­ment adap­tées aux obli­ga­tions sani­tai­res et aux pos­si­bi­li­tés offer­tes pour limi­ter les ris­ques, notam­ment en termes d’orga­ni­sa­tion du tra­vail (télé­tra­vail, horai­res déca­lés...).

Un dia­lo­gue social sans faux-sem­blants

L’UNSA a pris acte du trans­fert des DDI des ser­vi­ces du Premier minis­tre au minis­tère le l’Intérieur, initié depuis plu­sieurs mois.
Les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les repré­sen­ta­ti­ves au comité tech­ni­que des DDI s’y sont una­ni­me­ment oppo­sées jusqu’au bout. Le pilo­tage de l’inter­mi­nis­té­ria­lité par un seul minis­tère partie pre­nante aurait dû, à lui seul, suf­fire à reques­tion­ner ce schéma.

Ne refai­sons pas l’inté­gra­lité du débat et, à ce stade, don­nons crédit aux propos du Secrétaire Général du minis­tère de l’Intérieur.
Celui-ci s’est en effet engagé, lors de ce CT des DDI du 1er octo­bre, sur le main­tien de la dimen­sion inter­mi­nis­té­rielle à tra­vers des « ambi­tions pour l’admi­nis­tra­tion ter­ri­to­riale de l’État, un mana­ge­ment valo­ri­sant la diver­sité de métiers com­plé­men­tai­res, la reconnais­sance de la valeur du dia­lo­gue social, le tout dans un souci d’effi­cience et de qua­lité de vie au tra­vail ».
Il en fait un enga­ge­ment pro­fond et pas une pos­ture de dia­lo­gue.

L’UNSA ne demande qu’à y croire. Elle sera au rendez-vous pour que ce dia­lo­gue se concré­tise.


[1Secrétariats généraux communs aux préfectures et DDI

[2Délégations régionales académiques à la jeunesse, à l’engagement et au sport - Délégations régionales académiques à la recherche et à l’innovation (DRARI)

[3Directions régionales de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités - Directions départementales de l’emploi, du travail et des solidarités