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Réforme des retraites : Encore beaucoup trop de zones d’ombre

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lundi 15 octobre 2018

Communiqué de l’UNSA

Le Haut-Commissaire à la réforme des retraites a fait un bilan d’étape de la concertation sur la réforme des retraites.

L’UNSA qui, depuis le mois d’avril a participé à toutes les réunions de concertation, prend acte que la répartition restera le pilier du nouveau système universel de retraite. Système qui verra les trimestres remplacés par un système à points et qui mettra fin aux 42 régimes actuellement en place.

L’UNSA cons­tate que, confor­mé­ment à sa demande, l’âge de départ à la retraite à 62 ans ne sera pas remis en cause. Elle prend également acte que les reve­nus d’acti­vi­tés tout au long de la car­rière jusqu’à 120.000 euros (y com­pris les primes pour les agents de la fonc­tion publi­que et les sala­riés des régi­mes spé­ciaux) seront pris en compte. Le HCRR annonce que dans cette opti­que, que le Gouvernement ouvrira une concer­ta­tion sur les car­riè­res et les rému­né­ra­tions dans la Fonction Publique.

L’UNSA se féli­cite que le Haut Commissaire ait confirmé que cette reforme n’est pas une réforme finan­cière (le sys­tème étant à l’équilibre) mais une reforme qui a pour objec­tif l’équité et la lisi­bi­lité pour les assu­rés.

Pour sa part, l’UNSA, qui milite pour une amé­lio­ra­tion et une homo­gé­néi­sa­tion pro­gres­sive de notre actuel sys­tème de retraite sou­vent com­plexe et par­fois iné­ga­li­taire, n’était pas deman­deuse d’une réforme sys­té­mi­que.

En tout état de cause, elle rap­pelle que, quel qu’en soit le fonc­tion­ne­ment, l’objec­tif d’un sys­tème de retraite doit être de garan­tir une pen­sion décente, la moins éloignée pos­si­ble du revenu d’acti­vité. Dans ce cadre, l’UNSA demande que cette reven­di­ca­tion soit concrè­te­ment tra­duite dans un hypo­thé­ti­que futur projet de loi.
La soli­da­rité interne au sys­tème de retraite doit également conti­nuer à s’exer­cer pour garan­tir un mini­mum vieillesse. Pour l’UNSA son niveau doit être porté au niveau du SMIC. Elle doit également com­pen­ser les iné­ga­li­tés, par­ti­cu­liè­re­ment celles tou­chant les femmes, la péni­bi­lité au tra­vail, les car­riè­res incom­plè­tes (notam­ment les pério­des de pré­ca­rité, de chô­mage ou de mala­die) ou encore pren­dre en compte les car­riè­res lon­gues.

L’UNSA cons­tate que, sur l’ensem­ble de ces sujets cru­ciaux, le Haut Commissaire a confirmé que ces éléments seront pris en compte. Toutefois, lors de ce point d’étape, aucun chif­frage, ni aucun cas type n’ont été four­nis. Il n’est donc pas pos­si­ble à ce stade d’avoir une visi­bi­lité sur les effets concrets de ce chan­ge­ment de sys­tème et, par consé­quent, sur la pos­si­bi­lité d’en cor­ri­ger ou non les aspects péna­li­sants.

Alors qu’une 2nde phase de concer­ta­tion va s’ouvrir dans les semai­nes à venir, l’UNSA estime qu’il est temps pour le Gouvernement de sortir des grands prin­ci­pes.
Avant d’être une ques­tion de comp­ta­bi­lité, un sys­tème de retraite est d’abord une concep­tion de la société. Face à la com­plexité de ce dos­sier à grande tech­ni­cité, face à son carac­tère socia­le­ment très sen­si­ble et donc par­ti­cu­liè­re­ment anxio­gène, il faut que le Gouvernement dévoile ses inten­tions.

Organisation réfor­miste, l’UNSA n’a pas peur de la dis­cus­sion. Encore faut-il désor­mais que l’on sorte des zones d’ombre et que le temps néces­saire à la concer­ta­tion soit pris.

L’UNSA jugera sur pièces, au regard de la réa­lité des droits qui seront ou non garan­tis et du niveau de jus­tice sociale atteint. Elle assu­mera en consé­quence ses res­pon­sa­bi­li­tés devant ses man­dants.