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« Place de l’emploi public » ou comment trouver un poste vacant ?

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mardi 5 février 2019

Ouverture de la plate-forme numérique « Place de l’emploi public » commune aux trois versants de la Fonction publique dont la mise en service est prévue le 15 février 2019 pour faciliter la mobilité dans les trois versants de la fonction publique.
Pour l’UNSA, son succès dépendra, à la fois, de la simplicité d’utilisation et de la réalité de la vacance des postes.
L’UNSA demandera qu’un bilan et une évaluation de ce dispositif soient menés et présentés pour la fin de l’année 2019.

La DGAFP a invité le 30 jan­vier 2019 les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les repré­sen­ta­ti­ves à une réu­nion de pré­sen­ta­tion de la nou­velle plate-forme « Place de l’emploi public ».
Favoriser la mobi­lité inter­mi­nis­té­rielle et celle entre les trois ver­sants de la fonc­tion publi­que, c’était déjà l’objet de l’ordon­nance du 13 avril 2017 rela­tive à la mobi­lité dans la fonc­tion publi­que. Un des moyens pour y par­ve­nir, c’est de rendre obli­ga­toire la publi­ca­tion, sans délai, par les employeurs publics de la fonc­tion publi­que de l’Etat, ter­ri­to­riale et hos­pi­ta­lière, des offres d’emplois sur un espace numé­ri­que commun.

Par offre d’emploi, il faut enten­dre la créa­tion ou la vacance de tout emploi public per­ma­nent y com­pris les emplois pour­vus par contrat s’ils sont d’une durée égale ou supé­rieure à un an.

Tel était l’objet du décretn° 2018-1351 du 28 décem­bre 2018 rela­tif à l’obli­ga­tion de publi­cité des emplois vacants sur un espace numé­ri­que commun aux trois fonc­tions publi­ques.

Cette obli­ga­tion de publi­cité des emplois vacants doit per­met­tre une meilleure visi­bi­lité des offres d’emploi et faci­li­ter les mobi­li­tés des agents publics et leurs par­cours pro­fes­sion­nels.

Toutefois, l’UNSA Fonction publi­que cons­tate que de par les nom­breu­ses déro­ga­tions à la règle de publi­cité, énoncées à l’arti­cle 2 de ce décret, toutes les offres d’emploi ne pour­ront être consul­ta­bles sur la plate-forme, cela réduit d’autant la portée de cette obli­ga­tion.

Ainsi ne sont pas soumis à l’obli­ga­tion de publi­cité :

  • dans la fonction publique de l’Etat, les emplois cités à l’article 3 de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 ;
  • dans la fonction publique hospitalière, certains emplois médicaux et scientifiques ;
  • les emplois dont la nature des missions ou des conditions requises pour leurs exercices et des statuts particuliers les régissant ;
  • les emplois pourvus par la voie d’avancement de grade ou de concours pour une 1ère affectation.

Quoiqu’il en soit, la publi­ca­tion des postes vacants va contri­buer à une meilleure ges­tion des emplois et des com­pé­ten­ces dans la fonc­tion publi­que.
Pour concré­ti­ser cette obli­ga­tion, il fal­lait créer une nou­velle plate-forme de bourse à l’emploi public uti­li­sa­ble et com­mune aux trois ver­sants de la fonc­tion publi­que en se ser­vant des don­nées et des acquis d’expé­rience exis­tants déjà pour la fonc­tion publi­que de l’Etat (la Bourse Interministérielle de l’Emploi Public) et pour la fonc­tion publi­que ter­ri­to­riale (Emploi Public).

C’est le por­tail de la Fonction publi­que qui accueillera la plate-forme dénom­mée « Place de l’emploi public » dès le 15 février 2019.

Elle sera acces­si­ble également par saisie directe par un moteur de recher­che.
Elle se veut un outil numé­ri­que faci­le­ment uti­li­sa­ble à la fois pour les employeurs publics qui dépo­sent leurs offres d’emploi et pour les can­di­dats dési­rant effec­tuer une mobi­lité.
Pour les employeurs publics
Il leur sera pos­si­ble de gérer les offres d’emploi en temps réel et en toute trans­pa­rence. Ils pour­ront créer une offre d’emploi grâce à un for­mu­laire d’avis de vacance com­por­tant toutes les infor­ma­tions obli­ga­toi­res citées à l’arti­cle 3 du décret n°2018-1351 du 28 décem­bre 2018, à savoir :
– le ver­sant de la fonc­tion publi­que dont relève l’emploi ;
– la créa­tion ou la vacance d’emploi ;
– la caté­go­rie sta­tu­taire et, s’il y a lieu, le grade, de l’emploi ;
– l’orga­nisme ou la struc­ture dans laquelle se trouve l’emploi ;
– les réfé­ren­ces du métier auquel se rat­ta­che l’emploi ;
– les mis­sions de l’emploi ;
– l’inti­tulé du poste ;
– la loca­li­sa­tion géo­gra­phi­que de l’emploi ;
– la date de la vacance de l’emploi ;
– l’auto­rité à qui adres­ser les can­di­da­tu­res et le délai de can­di­da­ture.
Les employeurs publics pour­ront join­dre tout docu­ment jugé utile et men­tion­ner des éléments de rému­né­ra­tion liés à l’emploi, notam­ment la nou­velle boni­fi­ca­tion indi­ciaire (NBI).
Mais, ils ne seront pas obli­gés de publier les fiches de poste.
Dommage !
Car elles contien­nent des infor­ma­tions utiles et néces­sai­res pour faci­li­ter la prise de déci­sion des can­di­dats en les ren­sei­gnant sur :

  • les activités principales du poste ;
  • le positionnement hiérarchique du poste ;
  • le groupe de fonction du RIFSEEP ;
  • les contraintes spécifiques au poste : amplitude horaire, horaires décalés, déplacements ;
  • le profil du candidat souhaité (savoir, savoir-faire, savoir-être).

Pour les can­di­dats
Ils pour­ront effec­tuer :

  • des recherches d’emplois en ligne, par domaine de compétence ou par métier.
  • candidater en ligne en déposant leur CV et leurs lettres de motivation directement consultables par les employeurs publics qui auront la faculté de les contacter.
    En outre, et c’est là un point capital pour la gestion de leurs démarches d’emploi, chaque candidat disposera d’un espace numérique personnel où il pourra stocker des documents (au nombre de cinq), visualiser l’historique de ses recherches et bénéficier d’alertes par messages électroniques sur une ou plusieurs offres susceptibles de l’intéresser.
    Il faut toutefois noter que ces facilités existaient déjà sur les sites Internet de la BIEP (FPE) et sur « Emploi Public » (FPT).

La pré­sen­ta­tion sur écran du Portail de la Fonction publi­que héber­geant la Plate-forme « Place de l’emploi public » a donné un aperçu des qua­li­tés et des points à amé­lio­rer.
En points posi­tifs :

  • la consultation des postes vacants publiés sur l’espace numérique est aisée, les informations sont visibles dès la page d’accueil du portail de la Fonction publique et sur une page éditoriale ;
  • la recherche par moteur de recherche se fait par type de fonction publique (FPE, FPT ou FPH), par domaines, par métiers et fait apparaître une liste des offres d’emploi disponibles avec indication de chaque référence, intitulés, l’organisme de rattachement, le domaine fonctionnel et le type de fonction.
  • chaque offre d’emploi est présentée de la même façon quel que soit le versant de la fonction publique concerné, ce qui en améliore grandement sa lisibilité. Elle contient les principales caractéristiques de l’offre, un résumé et des informations complémentaires éventuellement. Le candidat aura la possibilité de regrouper l’ensemble des offres d’emploi consultées dans un panier pour lui permettre de comparer et de stocker les offres retenues.
  • le retrait des offres d’emploi se fait de manière automatique au bout d’un mois de publication ce qui évitera de candidater pour des postes déjà pourvus.
    En points à améliorer :
  • la recherche par localisation géographique par ville, département et région n’est pas encore possible, il est prévu seulement dans une future version améliorée la recherche par code postal.
    Cela aurait été utile pour connaître les postes vacants dans un bassin d’emplois notamment en prévision des réorganisations et des restructurations à l’échelle régionale des administrations territoriales de l’Etat (DDI, DIRECCTE...). En réponse à l’interrogation de l’UNSA Fonction publique, la DGAFP a déclaré travailler à une nouvelle version prévoyant la localisation des offres d’emplois au niveau régional et départemental.
  • la recherche d’emploi se fait par versant de la fonction publique du fait que pour l’instant coexistent en même temps que la nouvelle plate-forme les sites d’emplois publics de la FPT et de la FPH qui conservent encore la gestion de leurs données, des informations complémentaires et celle de la publication des offres d’emploi hormis celle la fonction publique de l’Etat, la BIEP, qui est supprimée dès le 15 février 2019.
  • le délai d’un mois retenu pour le maintien des offres d’emploi en ligne est peut-être trop court et ne permet pas aux candidats d’effectuer les démarches nécessaires pour prendre une décision avisée. Ce délai d’un mois est renouvelable à l’initiative des employeurs publics.

En ce qui concerne la ges­tion des don­nées per­son­nel­les et le droit éventuel à l’oubli, la DGAFP a assuré que la plate-forme « Place de Emploi public » res­pec­tait toutes les règles obli­ga­toi­res du Règlement géné­ral des don­nées per­son­nel­les (RGPD).

La DGAFP a signalé que cette pre­mière ver­sion de la plate-forme pou­vait être amé­lio­rée au deuxième semes­tre 2019 pour arri­ver à une ges­tion mutua­li­sée des offres d’emplois et des don­nées grâce à la signa­ture de conven­tions mul­ti­par­te­na­ria­les entre les res­pon­sa­bles de chaque ver­sant de la fonc­tion publi­que.

Il est par ailleurs prévu de réa­li­ser des sta­tis­ti­ques sur la durée de vacance des emplois, le choix des métiers ainsi que l’attrac­ti­vité des trois ver­sants de la fonc­tion publi­que qui devient un nou­veau chan­tier du Gouvernement.

Pour l’UNSA, le succès de cette nou­velle plate-forme de l’emploi public dépend avant tout de la volonté des employeurs publics char­gés d’ali­men­ter le site en offres d’emplois et du res­pect de leur obli­ga­tion de publier les postes vacants.