Télétravail : un mode de travail pébliscité mais à améliorer
Le "télétravail" est apprécié par les agents cependant son organisation et l'indemnisation pourraient être revues.
La sous-direction des études, des statistiques et des systèmes d’informations de la Direction générale de l'administration et de la fonction publique (DGAFP) a publié en février 2026 « un Point Stat » intitulé "Télétravail : ses effets sur les conditions de travail dans la fonction publique"*. Si cette nouvelle possibilité d’organiser leur travail est appréciée par les agents, elle comporte des limites et des freins qui restent à lever.
Un mode de travail plébiscité par les agents publics
Le télétravail est désormais une réalité solidement ancrée et appréciée pour 54% des agents publics occupant un poste compatible avec des activités télétravaillables. En effet, une diminution des interruptions de tâches est constatée (62%) et la pression au travail baisse (41%). L'autonomie organisationnelle progresse pour 36% des agents, tandis que 21% notent une meilleure conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle grâce à des horaires moins contraignants pour leurs proches. Les agents publics ont 1,6 fois plus de chances de déclarer une amélioration des conditions de travail par rapport au privé avec ce mode de travail.
Un mode de travail à améliorer
La quotité de télétravail dans le public est moindre par rapport au privé : 65% des agents ne télétravaillent qu'un jour ou moins par semaine (contre 48% dans le privé) et seuls 9% (contre 18% dans le privé) pratiquent trois jours ou plus.
La part des femmes qui télétravaillent dans la fonction publique reste cependant inférieure à celle constatée parmi les salariées du privé. En outre, si elles perçoivent souvent mieux les bénéfices globaux du télétravail, elles sont aussi plus exposées à la précarité matérielle : 39% des femmes signalent une dégradation de leurs moyens matériels, contre 30% des hommes.
Enfin, dans la fonction publique, l’exercice des missions à distance se heurte à une contrainte matérielle majeure : 56% des agents ne disposent pas d'une pièce dédiée à leur activité professionnelle dans leur logement (seuls 41% en possèdent une). Cette configuration spatiale, loin d'être anecdotique, pèse plus lourdement sur les femmes, créant une disparité marquée dans le vécu du télétravail. Cette absence de local dédié agit comme un multiplicateur de difficultés. Le fait de ne pas disposer d'un bureau fermé double le risque de percevoir une détérioration de ses conditions matérielles (46% pour ceux sans pièce contre 23 % pour ceux en disposant). La fluidité des échanges et la coopération sont jugées également plus difficile. En effet, la pièce dédiée contribue « à réduire les interruptions des tâches, et améliore la conciliation des temps de vie ».
L'avis de l'UNSA Fonction publique
Pour l’UNSA Fonction Publique, les améliorations du télétravail peuvent porter notamment sur le développement des tiers lieux et sur la revalorisation de l’indemnité :
- En effet, loin d'être une simple aspiration, le développement des tiers-lieux est une avancée actée dans l'Accord relatif à la mise en œuvre du télétravail dans la fonction publique, signé le 13 juillet 2021. Cette revendication, négociée et obtenue par les organisations syndicales, dont l'UNSA Fonction Publique, consacre un chapitre entier aux espaces partagés comme alternative au domicile pour maintenir le lien social et dynamiser les territoires. L'accord stipule que ces lieux sont le corollaire indispensable de cette organisation du travail. Le cadre juridique et le socle de droits étant désormais posés au niveau national, il appartient désormais aux employeurs publics de s'en saisir par la négociation locale pour transformer cette possibilité en une réalité concrète pour les agents. Cette revendication sera portée par l’UNSA Fonction publique dans le cadre de la négociation en cours sur l’égalité professionnelle femmes/hommes.
- La revalorisation de l'indemnité forfaitaire pour compenser les coûts du travail à domicile est également cruciale. Alors que le montant dans la fonction publique stagne à 2,88 € par jour depuis le 1er janvier 2023, le secteur privé bénéficie de plafonds d'exonération URSSAF plus élevés, pouvant atteindre 3,30 € en 2026 en cas d'accord collectif. Les agents éprouvent un sentiment d'iniquité. Pour l’UNSA Fonction Publique, il est urgent de revaloriser ce montant dans la fonction publique.
* En savoir plus : Télétravail : ses effets sur les conditions de travail dans la fonction publique




Géraldine Alberti-Baudart 




