Protéger les agents publics, une nécessité !

Protéger les agents publics, une nécessité !

Protéger les agents contre toutes les formes de violence, c'est garantir la qualité du service public.


 

Du 10 avril au 2 juin 2026, l’UNSA Fonction Publique a interrogé les agents publics sur les violences qu’ils subissent ou constatent dans leur environnement professionnel. Avec 1 443 répondants et 749 contributions libres, cette enquête dresse un constat préoccupant et met en lumière une attente forte : celle d’une protection réelle et effective des agents.es violences largement répandues dans les services publics.

 

Premier enseignement de l’enquête : 69 % des agents déclarent avoir été victimes ou témoins de violences dans le cadre de leur activité professionnelle.

 

Contrairement aux idées reçues, ces violences ne proviennent pas uniquement des usagers. Dans près de huit situations sur dix, elles impliquent l’environnement de travail lui-même : hiérarchie, management, collègues ou combinaison de violences internes et externes.

 

Ces résultats témoignent d’une réalité préoccupante : les violences au travail sont devenues un sujet majeur dans la Fonction publique et nécessitent une réponse globale.

 

Une protection jugée insuffisante

 

Les agents interrogés portent un regard sévère sur les dispositifs existants.

  • 87 % estiment que leur employeur ne remplit pas ou seulement partiellement ses obligations de protection ;
  • 72 % considèrent que la protection fonctionnelle est inadaptée ou insuffisante ;
  • 83 % jugent que le dialogue social ne protège pas suffisamment les agents.

Ces chiffres traduisent un déficit de confiance important. Les dispositifs existent souvent sur le papier, mais leur mise en œuvre est perçue comme trop lente, trop complexe ou insuffisamment efficace.

 

Le syndicat : premier levier de protection identifié

 

Interrogés sur les leviers qui les protègent au quotidien, les répondants placent le soutien syndical en tête des réponses, devant le cadre juridique et statutaire.

 

Pour 56 % des agents, l’accompagnement syndical constitue aujourd’hui le principal rempart face aux situations de violence ou de harcèlement.

 

Ce résultat confirme le rôle essentiel joué par les représentants du personnel dans l’écoute, l’accompagnement, la défense et l’orientation des agents confrontés à des situations difficiles.

 

Ce que demandent les agents

 

Au travers des centaines de témoignages recueillis, plusieurs demandes fortes émergent :

 

1. Un soutien psychologique immédiat et accessible à la demande de l’agent ;


2. Des procédures de signalement simples, claires et connues de tous ;


3. La possibilité de saisir un médiateur externe et indépendant ;


4. Des sanctions effectives contre les comportements managériaux toxiques ;


5. Une réforme ambitieuse de la protection fonctionnelle, notamment pour mieux prendre en compte les violences internes.


Les agents ne demandent pas de nouveaux textes sans effet concret. Ils réclament avant tout des dispositifs accessibles, réactifs et appliqués sur le terrain.

 

Les revendications de l’UNSA Fonction Publique


 Face à ces résultats, l’UNSA Fonction Publique réaffirme ses exigences :

  • La négociation d’un accord ambitieux sur la prévention et le traitement des violences au travail ;
  • Le renforcement de la protection fonctionnelle pour toutes les formes de violences, y compris les violences managériales ;
  • La mise en place de procédures de signalement indépendantes et sécurisées ;
  • L’accompagnement systématique des victimes ;
  • La responsabilisation des employeurs publics et l’application effective des sanctions lorsque les situations le justifient.

La protection des agents publics n’est pas une option. Elle constitue une obligation pour les employeurs publics. Le dialogue social doit leur permettre de remplir leur rôle de protection. C'est une condition indispensable au bon fonctionnement du service public.

/
protectionviolencesondageviolenceprotection fonctionnelle