Négociation Égalité Professionnelle : l'UNSA Fonction Publique se retire de l'accord de méthode face aux incohérences du Gouvernement
L'UNSA Fonction Publique annonce sa décision de se retirer de l’accord de méthode relatif à la négociation sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique.
Ce retrait fait suite au constat d'un décalage trop important entre les objectifs affichés dans cet accord et la réalité des dernières décisions gouvernementales qui pénalisent directement les agentes publiques.
Des objectifs ambitieux sur le papier, mais trahis par les actes.
L’accord de méthode signé le 6 novembre 2025 visait initialement des objectifs structurants :
- Renforcer la gouvernance des politiques d'égalité,
- Améliorer les parcours professionnels pour atteindre l'égalité salariale (« à travail de valeur égal, salaire égal »),
- Garantir une meilleure articulation des temps de vie,
- Lutter contre les violences sexistes et sexuelles, le harcèlement et les violences intra-familiales,
- Prendre en compte les enjeux de santé et de handicap spécifiques aux femmes.
L’UNSA Fonction Publique a toujours affirmé qu’un nouvel accord Égalité professionnelle, après ceux de 2013 et 2018, n’aurait de sens que s'il était particulièrement ambitieux. Ce que laissait présager l’accord de méthode qui visait à « passer d’une logique de progrès réguliers à une véritable transformation structurelle ».
Or, l’UNSA Fonction publique constate aujourd'hui que, malgré ses mises en garde et ses contributions, les choix du gouvernement vont dans une tout autre direction.
Des reculs de droits qui frappent essentiellement les femmes
Alors que le gouvernement prône l'égalité, il multiplie les mesures régressives qui impactent majoritairement les femmes, lesquelles représentent 63 % des agents publics :
- le report récurrent du chantier carrière rémunération,
- la sous transposition de la directive européenne sur la transparence salariale,
- la réduction de 10 % de la rémunération en cas de congé maladie ordinaire,
- le maintien du jour de carence et les limitations du temps partiel thérapeutique,
- la remise en cause des autorisations spéciales d’absence,
- l’attentisme pour la transposition de la directive européenne sur la violence à l'égard des femmes,
- la dégradation de la qualité de vie et des conditions de travail,
- la baisse drastique du budget de l'action sociale de la Fonction publique de l'État.
L'engagement de l’UNSA Fonction Publique pour l’égalité professionnelle
Signataire des accords de 2013 et de 2018, l’UNSA Fonction Publique s’est engagée dans cette nouvelle négociation avec sincérité et a contribué, de manière détaillée, à l'ensemble des thématiques, de la lutte contre les violences à l'égalité salariale, en passant par la santé au travail et l'articulation des temps.
Elle a revendiqué des mesures contraignantes et une obligation de résultats, refusant que l'égalité réelle entre les femmes et les hommes ne reste qu'optionnelle dans la Fonction publique.
Un préprojet d’accord Egalité professionnelle soumis aux organisations syndicales vient corroborer le fait que le gouvernement ne joint pas les actes à sa parole. L’UNSA Fonction Publique constate que le cadre de négociation n’est pas sincère et qu’il est remis en cause.
C’est pour toutes ces raisons que l’UNSA Fonction Publique retire sa signature de l’accord de méthode, et appelle le gouvernement à changer de cap afin de négocier enfin de vraies avancées pour parvenir à l’égalité réelle.
Bagnolet le 3 juillet 2026
Luc Farré – Secrétaire Général de l’UNSA Fonction Publique






