Conférence Travail Emploi Retraite : point d'étape
La conférence Travail-Emploi-Retraite voulue par le Premier Ministre est un lieu d'échanges mais loin des consensus. L'UNSA Fonction Publique participe aux ateliers consacrés au secteur public.
Importance de cette conférence sociale
Toutes les organisations syndicales sont représentées dans cette conférence. Les présentations d'ordre général permettent le débat et l'expression de revendications. Pour la première fois depuis le début du second quinquennat d'Emmanuel Macron, tous les partenaires sociaux reconnus du secteur privé comme du secteur public sont présents contrairement à la précédente conférence sociale dans laquelle les partenaires sociaux du secteur privé s'exprimaient sur des sujets qui concernent tous les français, donc tous les agents publics.
L'un des objectifs de l'UNSA Fonction Publique et de l'UNSA est de mettre en évidence les éléments communs à tous les français, qu'ils exercent dans le secteur privé ou dans le secteur public pour la retraite. Chaque décision prise en matière de retraite impacte toutes et tous. Les décisions prises sur les âges, les durées de cotisation ou le niveau de cotisation ont des répercussions pour les salariés, les fonctionnaires et les contractuels.
D'abord la retraite
Les conditions de travail et d'emploi ont des répercussions sur la retraite et sur le calcul des pensions même si les modalités de calcul diffèrent entre les différents régimes.
Parmi les questions abordées, on trouve le financement de l'ensemble des régimes, le choix de consacrer ou non, une part plus importante du PIB aux retraites alors que notre pays connait une forte augmentation du nombre de retraités et un allongement de l'espérance de vie. Les questions de solidarité sont également abordées tout comme l'éventualité d'un pilotage du système de retraite, plus ou moins automatisé, sans passer par l'étape d'une nouvelle réforme.
L'UNSA Fonction Publique et l'UNSA ont insisté :
- Sur le taux de remplacement pour les agents publics et les différences qui demeurent en défaveur des fonctionnaires.
- Sur les modes de calcul différents entre le régime général, les régimes complémentaires et le régime des fonctionnaires, mais qui aboutissent à des résultats cohérents.
- Sur la nécessité de ne pas confondre solidarité et justice sociale en matière de carrière longue.
- Sur la faiblesse du niveau des retraites pour les polypensionnés qui ont effectué une partie de leur carrière dans la fonction publique.
- Sur la retraite progressive, l'UNSA Fonction Publique estime que le temps partiel indispensable pour en bénéficier doit être accordé de droit ainsi que son renouvellement.
- Sur la nécessité de tenir compte de la pénibilité dans la fonction publique pour tous les agents qui ne bénéficient pas des carrières dites actives. Ainsi, il est injuste qu'un infirmier travaillant de nuit ne puisse pas bénéficier du dispositif pénibilité dont il pourrait bénéficier s'il exerçait dans un hôpital privé.
- Sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.
- Sur la prise en compte des trimestres de majoration de durée d'assurance pour les femmes fonctionnaires dont les enfants sont nés après 2003.
Renforcer le service actif des fonctionnaires (actifs et super-actifs)
L'UNSA Fonction Publique est intervenue :
- Sur la nécessité de rouvrir le dossier des conditions de retraites des pompiers professionnels au regard de leurs conditions de travail et notamment l'inhalation des fumées toxiques.
- Sur l'ouverture d'une réflexion sur les bonifications au 1/5ème pour les agents en bénéficiant afin de prendre en compte l'allongement des carrières et le recul de l'âge légal.
- Sur notre demande permettant aux fonctionnaires en service actif de bénéficier de leur droit RAFP au moment de leur départ en retraite et non à partir de l'âge légal.
Enfin, l'UNSA Fonction Publique a abordé le financement de la CNRACL.
Un constat
Pour que les travaux de cette conférence soient utiles, il faudra que le gouvernement entende nos propositions d'amélioration des dispositifs actuels et poursuive ce dialogue avec tous les partenaires du secteur public. La conférence doit se poursuivre jusqu'au début du mois de juillet.

Luc Farré 




