Action sociale interministérielle : vers une consommation totale du budget ?
Lors du CIAS du 14 octobre, la DGAFP a annoncé que le budget 2026 de l'action sociale interministérielle (ASI) devrait être entièrement consommé cette année.
Si l'UNSA Fonction Publique se réjouit de cette nouvelle, elle regrette que la consommation soit à un niveau très bas.
Consommation budgétaire 2026
La consommation devrait s'établir à 115 millions d'euros cette année alors que 112 millions étaient prévus. Mais cet apparent bon résultat masque des déficiences et des reculs de l'ASI.
- Chèques-vacances : après l'éviction des retraités en 2023 et en 2025, la prestation est stabilisée à un bas niveau de bonifications de l'État. 19,5 millions d'euros devraient être consommés en 2026 contre 20,5 en 2025 et 25 en 2024. Les ouvertures de plan d'épargne sont en régression. La capacité d'épargne des agents est en forte diminution, à cause de la non-revalorisation de leur traitement. L'UNSA Fonction Publique regrette qu'aucune campagne de communication n'ait été engagée, particulièrement en cette année du 80ème anniversaire des congés payés.
- CESU garde d'enfants 0-6 ans : la disparition de la tranche d'aides de 200 € produit ses effets négatifs, une consommation qui devrait atteindre 22 millions d'euros au lieu de 26 millions d'euros en 2025 et 32 millions en 2024. La non-revalorisation des plafonds d'accès à cette prestation, basé sur le revenu fiscal de référence, conduit mécaniquement à une éviction d'agents qui dépassent légèrement ce montant. L'UNSA Fonction Publique revendique cette revalorisation, la réouverture de la tranche de 200 € et l'extension de CESU à la garde d'enfants de 6 à 12 ans.
- Aide à l'installation des personnels (AIP) : Cette prestation devrait rester à son niveau habituel de consommation d'environ 16 millions d'euros, à condition que le décalage de traitement des dossiers de demande dû à la fermeture du site d'accès soit absorbé avant la fin de l'année. L'UNSA Fonction Publique rappelle sa revendication d'augmentation du montant de l'AIP.
- Aide au maintien à domicile des retraités : La suppression des tranches 6, 7 et 8 de revenu conduit à une baisse de consommation, mais surtout à une non prise de charge de plans d'aides engagés ou qui auraient dû l'être. 79 % des prestataires ont plus de 75 ans. Les retraités sont particulièrement malmenés en cette année 2026. L'UNSA Fonction Publique exige le rétablissement de ces trois tranches.
Pour la première fois depuis plus d'une décennie, les crédits disponibles de l'ASI devraient entièrement être consommés et même légèrement dépassés. Mais les restrictions sur certaines prestations entraînent une baisse de la consommation totale. En 2025, 129 millions d'euros avaient été utilisés, en 2024, c'était 143 millions. En deux ans, c'est une diminution de près 27 millions. Ce sont des milliers d'agents parmi les plus précaires financièrement qui se retrouvent exclus du droit à certaines prestations, pourtant indispensables dans cette période de stagnation, voire régression salariale.
L'avis de l'UNSA Fonction Publique
L'ASI est le socle de l'action sociale de l'État, accessible à tous les agents. Ce socle doit garantir un niveau élevé de prestations, particulièrement dans un contexte aigu de stagnation salariale. Elle demande une sanctuarisation de son budget. Ces aides pour la plupart soumises à condition de ressources sont essentielles pour les agents publics de l’État, notamment ceux dont les traitements sont les plus bas.
L’UNSA Fonction Publique est attachée à une action sociale de qualité et de proximité, au service de tous les agents publics. Son budget doit être revalorisé régulièrement.
Pour l'UNSA Fonction Publique, ce niveau de consommation est un plancher qu'il faut de nouveau dépasser. Elle ne doit en aucun cas devenir un plafond.


Stéphane Daval 



