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Rendez-vous salarial du 19 avril 2011

20 avril 2011

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INTERVENTION D’ELISABETH DAVID

Messieurs les minis­tres,

Vous nous avez convié aujourd’hui a un rendez vous sala­rial. Celui-ci est très attendu par nos col­lè­gues car, vous le savez, le pou­voir d achat dans la fonc­tion publi­que a, comme dans le sec­teur privé, beau­coup baissé.

L’infla­tion repart, le prix de l’essence est au plus haut. Et on assiste vrai­ment sur le ter­rain à une cer­taine déses­pé­rance et un sen­ti­ment d’être délaissé, aban­donné, et ce à une période où l’on res­sent dans le sec­teur public un pro­fond manque de reconnais­sance, non pas de la part des usa­gers, mais des employeurs.

Car l’Etat est bien le pre­mier employeur de France. C’est lui qui doit également impul­ser la poli­ti­que sala­riale dans les ver­sants ter­ri­to­riaux et hos­pi­ta­liers. D’où l’impor­tance de ce rendez vous.

Pour l’UNSA, un rendez-vous ne peut abou­tir et débou­cher sur quel­que chose de concret et pro­duc­tif que si plu­sieurs condi­tions sont réu­nies :

une vraie pré­pa­ra­tion avec des échanges atten­tifs sur les atten­tes res­pec­ti­ves ;
un res­pect et une écoute mutuelle des par­te­nai­res ;
un objec­tif commun, en l’occu­rence celui de l’amé­lio­ra­tion de la situa­tion des agents publics

Bref, une vraie négo­cia­tion !

Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Un dos­sier sta­tis­ti­que, envoyé plus que tar­di­ve­ment, des annon­ces dans la presse dévoi­lant par avance le contenu des dis­cus­sions. Ceci n’est pas une méthode accep­ta­ble.
Pour l’UNSA Fonction publi­que, je vous le dis clai­re­ment, nous sommes très déçus de la forme de ce rendez-vous, qui ne cor­res­pond en rien à ce que nous espé­rions après la signa­ture des accords de BERCY et l’entrée en vigueur de la loi du 5 juillet 2010.

Sur le fond main­te­nant, vous le savez, les pro­po­si­tions que vous venez d’énoncer ne peu­vent nous conve­nir.

Même si, pour l’UNSA Fonction publi­que , le point d’indice ne doit pas être l’objet exclu­sif et unique sujet des dis­cus­sions dans les négo­cia­tions sala­ria­les. Nous avons d’ailleurs signé, par le passé, cer­tains volets comme la refonte des grilles ou l’action sociale.

Le point d’indice n’en reste pas moins, pour nous, la mesure la plus juste car elle touche à la fois les fonc­tion­nai­res de toutes les caté­go­ries mais aussi l’ensem­ble des contrac­tuels dont la rému­né­ra­tion est fixée en réfé­rence à ce même point d’indice.

Geler à nou­veau cette année le point d’indice, alors que l’infla­tion est impor­tante et que les coti­sa­tions retrai­tes en hausse vont encore dimi­nuer le salaire net des agents, est pour nous inac­cep­ta­ble.

Non, les chan­ge­ments d’échelon ne doi­vent pas servir à com­pen­ser l’infla­tion. Au contraire, le dérou­le­ment de car­rière, prin­cipe fon­da­men­tal du statut géné­ral, permet la reconnais­sance de la tech­ni­cité et garan­tit la neu­tra­lité du fonc­tion­naire et donc du ser­vice public.

Les mesu­res que vous annon­cez vont contri­buer encore davan­tage à la fra­gi­li­sa­tion, voire à la pau­pé­ri­sa­tion des agents publics, qui cons­ti­tuent la classe moyenne et sou­vent l’ossa­ture de la société en par­ti­cu­lier dans les villes de pro­vince et les dépar­te­ments ruraux.
Car ce nou­veau gel aura iné­vi­ta­ble­ment de lour­des consé­quen­ces sur des économies loca­les déjà fra­gi­li­sées, dans un contexte économique où la consom­ma­tion des ména­ges est le prin­ci­pal moteur de la crois­sance.
Même si, à l’UNSA Fonction publi­que, nous sommes réa­lis­tes. Bien sur, nous ne méconnais­sons pas la crise économique et le défi­cit bud­gé­taire impor­tant.

Il est tou­te­fois, pour nouss tou­jours trop facile de faire porter par les seuls fonc­tion­nai­res les mesu­res d’économies.

Le ser­vice public a déjà beau­coup souf­fert ces der­niè­res années : sup­pres­sion à la hache d’emplois publics sans réflexion préa­la­ble sur les mis­sions, consé­quen­ces d’une RGPP mise en place sans négo­cia­tion et sans vision glo­bale…

Le pré­si­dent de la répu­bli­que avait annoncé, dans son dis­cours de Nantes, moins de fonc­tion­nai­res mais des fonc­tion­nai­res mieux payés.
Qu’en est il aujourd’hui ?
Des mesu­res iné­qui­ta­bles, des retours caté­go­riels déci­dés en cati­mini et sou­vent attri­bués sans véri­ta­ble égalité de trai­te­ment.
Des gad­gets comme l’inté­res­se­ment col­lec­tif, qui ne va tou­cher qu’un nombre très res­treint d’agents ayant la chance d’être en poste dans des ser­vi­ces mieux nantis.

Non, ce n’est pas notre vision à l’UNSA Fonction publi­que, où l’égalité de trai­te­ment , l’ équité, est pour nous fon­da­men­tale,
Je réi­tère donc aujourd’hui, mes­sieurs les minis­tres, au nom de l’UNSA Fonction publi­que, la mise en place de mesu­res fortes qui per­met­tent pour le moins aux fonc­tion­nai­res de conser­ver leur pou­voir d’achat :

Une Revalorisation du point d’ indice ;
L’ouver­ture d’un véri­ta­ble chan­tier de refonte des grilles pour rendre une véri­ta­ble attrac­ti­vité à la Fonction publi­que ;
Des Mesures immé­dia­tes pour la caté­go­rie C et en par­ti­cu­lier les échelles 3 et 4, qui vont être à nou­veau impac­tées par la hausse du SMIC ;
Une Hausse du budget d’action sociale pour répon­dre aux besoins crois­sants des agents et des retrai­tés ;
Une Harmonisation par le haut des régi­mes indem­ni­tai­res ;
Une vraie réforme de l’indem­nité de rési­dence et non à budget cons­tant.

Et sur­tout, de façon immé­diate, la reva­lo­ri­sa­tion du barême des indem­ni­tés kilo­mé­tri­ques. Il est inac­cep­ta­ble que des fonc­tion­nai­res per­dent de l’argent de façon très impor­tante en uti­li­sant leur véhi­cule per­son­nel pour tra­vailler !!!!!

Vous l’avez com­pris, ce rendez-vous est raté. Chacun est venu avec ses pro­po­si­tions et deman­des. Elles ne conver­gent pas.

C’est pour nous par­ti­cu­liè­re­ment dom­ma­gea­ble car cela va encore accen­tuer le mal aise des agents publics et ce n’est pas la pers­pec­tive d’un éventuel rendez-vous en fin d’année qui va sus­ci­ter chez eux le moin­dre inté­rêt.

L’UNSA Fonction publi­que conti­nuera bien sur, malgré tout, à par­ti­ci­per à l’ensem­ble des chan­tiers ouverts par le gou­ver­ne­ment notam­ment dans le cadre du pou­voir d’achat et à faire valoir les légi­ti­mes reven­di­ca­tions des agents que nous repré­sen­tons.

Je vous remer­cie.

Elisabeth DAVID, Secrétaire Générale