UNSA logo
Unsa-Fonction publique

Accueil > Retraites > Réforme des retraites : première analyse de l’UNSA au regard de ses (...)

Réforme des retraites : première analyse de l’UNSA au regard de ses mandats

2 septembre 2013

Enregistrer au format PDF

Communiqué du 28 août 2013 - En conclusion de la phase de concertation engagée depuis deux mois, le Premier ministre a rendu public l’essentiel des choix opérés par le gouvernement en matière de réforme des retraites. Favorable au dialogue social, l’UNSA s’était pleinement investie dans la concertation pour y faire valoir ses analyses et ses propositions afin de sauvegarder notre système de retraite par répartition, dans l’intérêt des salariés comme de la société.

C’est donc à l’aune de ses man­dats qu’elle porte aujourd’hui une pre­mière appré­cia­tion sur l’archi­tec­ture géné­rale des mesu­res annon­cées. L’UNSA deman­dait à ce qu’un cer­tain nombre d’injus­ti­ces et d’iné­ga­li­tés soient cor­ri­gées :

• pour les sala­riés ayant eu des car­riè­res incom­plè­tes, qui sont sin­gu­liè­re­ment des femmes : plu­sieurs des annon­ces faites par le Premier minis­tre recou­pent en tota­lité ou en partie les préoc­cu­pa­tions por­tées par l’UNSA, notam­ment pour les temps par­tiels et les car­riè­res lon­gues, mais insuf­fi­sam­ment pour une meilleure prise en compte des pério­des de chô­mage non indem­ni­sées ;

• pour les sala­riés ayant effec­tué des tra­vaux péni­bles, dont l’UNSA reven­di­quait depuis des années qu’ils soient enfin pris en compte par notre sys­tème de retraite : la créa­tion d’un « compte per­son­nel de pré­ven­tion de la péni­bi­lité » évoquée par le Premier minis­tre marque donc pour l’UNSA une avan­cée sociale consi­dé­ra­ble qui pourra concer­ner des mil­lions de sala­riés dans notre pays ;

• pour les jeunes entrant tar­di­ve­ment dans le marché du tra­vail du fait de l’allon­ge­ment de la for­ma­tion : la prise en compte des pério­des en contrat d’appren­tis­sage ou d’alter­nance annon­cée par le gou­ver­ne­ment cor­res­pond aux pro­po­si­tions de l’UNSA mais il manque encore la prise en compte des pério­des de stages en entre­prise.

À ces mesu­res de cor­rec­tion d’iné­ga­li­tés, le gou­ver­ne­ment en a ajouté d’autres de nature plus struc­tu­relle. L’UNSA n’a jamais nié les pro­blè­mes créés à notre sys­tème de retraite par un désé­qui­li­bre démo­gra­phi­que couplé à un allon­ge­ment de l’espé­rance de vie. Elle prend donc acte de la confir­ma­tion de l’allon­ge­ment de la durée de coti­sa­tions mais aussi qu’il n’inter­vien­dra que sur la période 2020-2035 avec une limite fixée à 43 annui­tés.

Quant aux mesu­res finan­ciè­res arbi­trées par le Premier minis­tre, l’UNSA n’a jamais ignoré la néces­sité abso­lue de trai­ter un défi­cit qui porte non seu­le­ment atteinte à l’équilibre immé­diat du sys­tème mais aussi à sa cré­di­bi­lité à long terme. L’UNSA avait clai­re­ment dit que la condi­tion cen­trale de l’accep­ta­tion sociale des efforts à faire serait leur carac­tère juste et équitable. L’annonce d’une hausse modé­rée des coti­sa­tions, res­pec­tant tech­ni­que­ment la logi­que propre à une assu­rance vieillesse qui, pour l’UNSA, doit rester essen­tiel­le­ment liée au tra­vail, fera par­ti­ci­per les sala­riés et les entre­pri­ses. L’UNSA cons­tate que les retrai­tés seront également mis à contri­bu­tion via une reva­lo­ri­sa­tion dif­fé­rée de leur pen­sion, dont elle craint qu’elle soit trop gênante pour les plus modes­tes d’entre eux.

Enfin, cons­ciente de la néces­sité de trou­ver des répon­ses soli­dai­res aux dif­fi­cultés ren­contrées par un sys­tème soli­daire, l’UNSA refu­sait toute stig­ma­ti­sa­tion de tel ou tel type de sala­riés abou­tis­sant à dres­ser des caté­go­ries les unes contre les autres. Dans ce cadre, elle prend note avec satis­fac­tion que, sans les exclure des efforts géné­raux concer­nant logi­que­ment tous les sala­riés, le gou­ver­ne­ment a refusé de stig­ma­ti­ser les fonc­tion­nai­res ou les régi­mes spé­ciaux, les­quels sont déjà l’objet d’une réforme en cours.

Pour l’UNSA, au-delà des gran­des orien­ta­tions annon­cées par le gou­ver­ne­ment, c’est désor­mais le contenu exact du projet de loi qui sera déci­sif. C’est sur la base de son ana­lyse pré­cise que le Bureau National de l’UNSA établira, le 9 sep­tem­bre, la posi­tion défi­ni­tive de l’orga­ni­sa­tion et les actions qu’il lui revien­dra alors de mener dans la phase du débat par­le­men­taire qui s’ouvrira.