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Fonction publique : En marche rapide vers un recul ?

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jeudi 1er février 2018

L’UNSA constate que le gouvernement lance des chantiers sans discussion préalable avec les organisations syndicales, sans attendre la fin de la consultation qu’il a lancée, sans qu’un débat national autour de la fonction publique n’ait eu lieu ni pendant la campagne présidentielle, ni au parlement.

En effet, le Premier Ministre vient d’annon­cer l’ouver­ture d’une « grande » concer­ta­tion autour de 4 chan­tiers tous essen­tiels.
• Un recours massif aux contrac­tuels
• Le déve­lop­pe­ment de la rému­né­ra­tion au mérite
• La sim­pli­fi­ca­tion des Instances repré­sen­ta­ti­ves des per­son­nels
• L’accom­pa­gne­ment des départs ou des reconver­sions dans la fonc­tion publi­que

Ainsi il sou­haite étendre « plus lar­ge­ment » l’embau­che sous contrat « ne béné­fi­ciant pas de l’emploi à vie ». Pour l’UNSA, cette annonce est une remise en ques­tion du statut de la fonc­tion publi­que, statut essen­tiel pour main­te­nir le prin­cipe d’indé­pen­dance et le prin­cipe d’égalité à l’accès aux métiers de la fonc­tion publi­que et ainsi, la péren­nité des droits que le ser­vice public garan­tit à tous les citoyens.

Le pre­mier minis­tre annonce également son sou­hait de déve­lop­per davan­tage une rému­né­ra­tion au mérite. L’UNSA cons­tate qu’elle existe déjà dans la fonc­tion publi­que. S’agit-il d’aller au-delà, vers une indi­vi­dua­li­sa­tion des rému­né­ra­tions sur le modèle des entre­pri­ses pri­vées ?

Il ouvre le chan­tier de la sim­pli­fi­ca­tion des ins­tan­ces repré­sen­ta­ti­ves du per­son­nels, autre élément cons­ti­tu­tif du statut de la fonc­tion publi­que. Ce der­nier pré­voit expres­sé­ment la consul­ta­tion des repré­sen­tants des per­son­nels sur la ges­tion des car­riè­res, sur l’orga­ni­sa­tion et le fonc­tion­ne­ment des ser­vi­ces, clefs de voute de la défense des droits des agents et de leurs condi­tions de tra­vail. Avec une trans­pa­rence dans la ges­tion des car­riè­res des agents, loin de l’action des grou­pes de pres­sion, on garan­tit au citoyen une fonc­tion publi­que neutre et indé­pen­dante donc centré sur l’inté­rêt géné­ral.

L’UNSA réaf­firme son atta­che­ment aux Comités Techniques (CT), aux Commission Administratives Paritaires (CAP) et aux Comité d’hygiène, de sécu­rité et de condi­tion de tra­vail (CHSCT).

Enfin, un plan de départs volon­tai­res et de reconver­sions est, dès à pré­sent, « ima­giné ». Pour un gou­ver­ne­ment qui s’en défen­dait, il s’agit bien du retour de la RGPP. PDV, reconver­sion, cette confir­ma­tion dégui­sée d’une sup­pres­sion mas­sive de postes publics augure mal du réta­blis­se­ment de l’emploi dans un pays qui est encore enfoncé dans le chô­mage de masse.

Quelle place pour l’inté­rêt géné­ral ? Quelle place pour le marché ? Quelles garan­ties d’égalité des droits pour les citoyens dans un pays en défi­cit pro­fond de cohé­sion sociale ? Ce sont des ques­tions qui, au-delà des agents publics et de la défense légi­time de leurs inté­rêts de tra­vailleurs sont posées à tous les citoyens.

C’est dans cet esprit que l’UNSA par­ti­ci­pera à toutes les dis­cus­sions aux­quel­les elle aura accès. Oui à une évolution de la fonc­tion publi­que fran­çaise mais dans le res­pect de ces prin­ci­pes répu­bli­cains essen­tiels.