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Faisons de l’égalité une réalité !

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vendredi 4 mars 2016

Déclaration unitaire dans le cadre de la journée internationale de lutte pour le droit des femmes CFE-CGC – CGT – FSU – Solidaires – UNSA

En 2016, alors que les femmes sont plus diplô­mées que les hommes, que 6 lois suc­ces­si­ves et de nom­breux accords ont affirmé le prin­cipe de l’égalité sala­riale, il y a tou­jours 27 % d’écart de rému­né­ra­tion entre les femmes et les hommes. Alors que l’accès à l’emploi est un moyen d’émancipation et d’auto­no­mie déter­mi­nant pour les femmes, seules 66 % d’entre elles sont en emploi, contre 75 % pour les hommes. Les femmes sont d’avan­tage tou­chées par la pré­ca­rité : 11,6 % sont en CDD (7,6 % des hommes) et elles repré­sen­tent 80% des sala­rié-es à temps par­tiel Elles sont 80% à décla­rer être régu­liè­re­ment confron­tées à des atti­tu­des ou com­por­te­ments sexis­tes au tra­vail. Ce sont encore elles qui assu­ment l’essen­tiel des res­pon­sa­bi­li­tés fami­lia­les et qui sont direc­te­ment péna­li­sées par l’insuf­fi­sance des ser­vi­ces publics de prise en charge de la petite enfance mais aussi de la dépen­dance.

Seule une action volon­ta­riste et déter­mi­née per­met­tra de faire recu­ler ces iné­ga­li­tés.
Or, les signaux que nous obser­vons vont dans le sens contraire et nous inquiè­tent : désen­ga­ge­ment des pou­voirs publics sur l’égalité, sup­pres­sion du minis­tère dédié au droit des femmes, pro­mes­ses de créa­tion de places en crèche non tenues, sanc­tions insuf­fi­san­tes des entre­pri­ses qui dis­cri­mi­nent…
Dans la fonc­tion publi­que, le pro­to­cole d’accord pour l’égalité F/H signé il y a deux ans par toutes les orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les reste très insuf­fi­sam­ment appli­qué.

Nous regret­tons le blo­cage du patro­nat sur les ques­tions d’égalité pro­fes­sion­nelle : dif­fi­culté de mise en œuvre des accords par manque d’évaluation et de sanc­tion, pas de négo­cia­tion sur les clas­si­fi­ca­tions…

Nous nous inquié­tons, en France et en Europe, de la montée des dis­cours réac­tion­nai­res et des remi­ses en cause du droit des femmes à dis­po­ser de leur corps (accès à la contra­cep­tion, à l’IVG…)

Plus que jamais, nous pen­sons néces­saire de conti­nuer notre action pour faire de l’égalité une réa­lité. Sur le ter­rain, nous tra­vaillons pour que les IRP garan­tis­sent une juste repré­sen­ta­tion des sala­riés et fas­sent pro­gres­ser la mixité.

Nous nous enga­geons ensem­ble dans les ter­ri­toi­res, les bran­ches, les entre­pri­ses et la fonc­tion publi­que à tra­vailler pour :
• Supprimer les écarts de rému­né­ra­tion entre les femmes et les hommes et mettre fin s’atta­quer aux méca­nis­mes qui ren­for­cent les iné­ga­li­tés (part varia­ble, méca­nis­mes indem­ni­tai­res).
• Limiter le recours aux contrats à temps par­tiels, en le ren­dant finan­ciè­re­ment dis­sua­sif pour les employeurs et en amé­lio­rant la pro­tec­tion sociale des sala­rié-es.
• Promouvoir la mixité des métiers et des filiè­res sco­lai­res et uni­ver­si­tai­res. A l’école, dans les entre­pri­ses, lutter contre les sté­réo­ty­pes de genre, notam­ment par des for­ma­tions dédiées.
• Agir pour la reva­lo­ri­sa­tion des métiers à pré­do­mi­nance fémi­nine et pour une juste reconnais­sance des com­pé­ten­ces et des qua­li­fi­ca­tions
• Lutter contre les iné­ga­li­tés de car­rière, iden­ti­fier et sup­pri­mer les méca­nis­mes du pla­fond de verre pour per­met­tre l’accès des femmes à toutes les fonc­tions d’enca­dre­ment et de direc­tion, dans l’entre­prise comme dans la fonc­tion publi­que
• Garantir la prise en compte des ris­ques et de la péni­bi­lité des métiers à pré­do­mi­nance fémi­nine.
• Lutter contre les iné­ga­li­tés de retraite
• Mettre en place un temps de tra­vail et une orga­ni­sa­tion du tra­vail per­met­tant à toutes et tous de une bonne arti­cu­la­tion de leur vie per­son­nelle et pro­fes­sion­nelle. Le congé paren­tal doit être reva­lo­risé pour per­met­tre une paren­ta­lité par­ta­gée.
• Lutter contre les vio­len­ces sexis­tes et sexuel­les en ren­for­çant la pré­ven­tion sur les lieux de tra­vail et la pro­tec­tion des vic­ti­mes.
• Développer les lieux d’accueil pour la petite enfance, répon­dre aux pro­blè­mes liés à la perte d’auto­no­mie, ren­for­cer les ser­vi­ces publics appuyés sur des emplois sta­bles et favo­ri­ser une poli­ti­que fami­liale com­pa­ti­ble avec ces objec­tifs.

A l’occa­sion du 8 mars, jour­née inter­na­tio­nale de lutte pour les droit des femmes, nous appe­lons les femmes et les hommes à se mobi­li­ser sur leurs lieux de tra­vail pour faire cesser ces dis­cri­mi­na­tions inac­cep­ta­bles et pour faire de l’égalité une réa­lité.
Les pou­voirs publics doi­vent mener et évaluer l’ensem­ble des poli­ti­ques publi­ques à l’aune de l’égalité. Les employeurs du privé comme du public doi­vent mettre fin aux iné­ga­li­tés sala­ria­les et pro­fes­sion­nel­les, à la pré­ca­rité et se donner les moyens de mieux com­bat­tre les vio­len­ces sexis­tes et sexuel­les au tra­vail ».