Accueil > Actualités > Au-delà du 8 mars, faire entrer dans la vie l’égalité femmes-hommes

Au-delà du 8 mars, faire entrer dans la vie l’égalité femmes-hommes

Facebook Twitter LinkedIn
mardi 7 mars 2017

Chaque année, le 8 mars, à l’occasion de la journée de la Femme, les citoyens et les autorités se mobilisent pour l’égalité hommes-femmes.

La France s’est dotée d’un grand nombre de dispositifs législatifs et réglementaires telle que la loi du 4 août 2014 sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.
La volonté affichée à travers cette loi était de mixer près d’un tiers des métiers existant à l’horizon 2024, contre 12%.

Dans la Fonction publique, le protocole d’accord du 8 mars 2013 relatif à l’égalité professionnelle prévoit quinze mesures que l’ensemble des signataires (employeurs publics des trois versants et organisations syndicales à l’unanimité) s’engagent à mettre en oeuvre.

Mais au-delà des dispositifs législatifs et réglementaires qui peuvent y aider, au-delà du 8 mars qui permet d’attirer l’attention de tous, faire entrer dans la vie l’égalité femmes-hommes est un combat syndical permanent de l’UNSA.

Dès 2017, les socié­tés cotées au CAC 40 devront comp­ter 40% de diri­gean­tes au sein de leur conseil d’admi­nis­tra­tion.

Par ailleurs, les entre­pri­ses doi­vent faire :
• un bilan de situa­tion com­pa­rée pour cha­cune des caté­go­ries pro­fes­sion­nel­les de l’entre­prise, en matière notam­ment d’arti­cu­la­tion entre acti­vi­tés pro­fes­sion­nel­les et fami­lia­les,
• une ana­lyse des écarts de salaire et de dérou­le­ment de car­rière en fonc­tion de l’âge, de la qua­li­fi­ca­tion et de l’ancien­neté devra être réa­li­sée, ainsi que pour l’évolution par métiers, des taux de pro­mo­tion res­pec­tifs des femmes et des hommes dans l’entre­prise.

De la même façon dans la Fonction publi­que :
• un rap­port annuel de situa­tion com­pa­rée dans chaque bilan social doit conduire à élaborer des plans d’actions visant à pro­mou­voir l’égalité pro­fes­sion­nelle entre les femmes et les hommes.
• des tra­vaux sur les écarts de rému­né­ra­tions entre les femmes et les hommes sont conduits.
• l’obli­ga­tion de 40 % mini­mum de chaque sexe dans les jurys et comi­tés de sélec­tion s’appli­que depuis le 1er jan­vier 2015.
• l’obli­ga­tion de repré­sen­ta­tion équilibrée dans l’enca­dre­ment supé­rieur doit s’élever à 40 % en 2017.

L’ensem­ble de ces mesu­res seront à faire appli­quer car la situa­tion sur les iné­ga­li­tés per­siste.
C’est donc un point de vigi­lance par­ti­cu­lier pour l’UNSA.

En 2016, alors que les femmes sont plus diplô­mées que les hommes, que 6 lois suc­ces­si­ves et de nom­breux accords ont affirmé le prin­cipe de l’égalité sala­riale, il y a tou­jours 20 % d’écart de rému­né­ra­tion entre les femmes et les hommes (sec­teur privé et public confon­dus), que les jeunes femmes sont les plus tou­chées par la pau­vreté, que l’écart moyen de retraite brute est de moins 37% au détri­ment des femmes (chif­fres 2011), que les femmes sont les pre­miè­res vic­ti­mes des homi­ci­des au sein du couple...

Alors que l’accès à l’emploi est un moyen d’émancipation et d’auto­no­mie déter­mi­nant pour les femmes, seules 66 % d’entre elles sont en emploi, contre 75 % des hommes.

Les femmes sont davan­tage tou­chées par la pré­ca­rité : 11,6 % sont en CDD (7,6 % des hommes) et elles repré­sen­tent 80% des sala­rié-es à temps par­tiel.

Elles sont 80% à décla­rer être régu­liè­re­ment confron­tées à des atti­tu­des ou com­por­te­ments sexis­tes au tra­vail.

Ce sont encore elles qui assu­ment l’essen­tiel des res­pon­sa­bi­li­tés fami­lia­les et qui sont direc­te­ment péna­li­sées par l’insuf­fi­sance des ser­vi­ces publics de prise en charge de la petite enfance mais aussi de la dépen­dance.

Si les choses ne chan­gent pas aujourd’hui, la petite Léa qui est née en 2013 conti­nuera de gagner un salaire infé­rieur de 25% à celui de ses col­lè­gues mas­cu­lins, coti­sera pour une retraite de 35% infé­rieure à celle des hommes et consa­crera 1h45 de plus aux tâches ména­gè­res par jour.

Raison de plus pour ren­for­cer le combat syn­di­cal que nous menons avec l’UNSA.


Voir en ligne : Protocole d’accord du 8 mars 2013 relatif à l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la fonction publique